Au terme d’un scénario rocambolesque, Ben Maher remporte le Grand Prix de Calgary
Ben Maher vient de remporter le difficile Grand Prix du CSIO 5* de Calgary. En selle sur Enjeu de Grisien, le Britannique a signé le sans-faute le plus rapide d’un barrage qui réunissait des couples ayant concédé quatre points en première ou en deuxième manche. Dernière à s’élancer, l’Étasunienne Lillie Keenan a dû se contenter de la deuxième place, juchée sur Fasther, tandis que le champion du monde Steve Guerdat a complété le trio de tête aux commandes d’Albfuehren’s Iashin Sitte. S’il pouvait encore prétendre à la victoire et ainsi compléter le Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles, Richard Vogel, associé à United Touch S, n’a pu éviter une faute sur le double d’oxers et a finalement terminé cinquième.
Cette nuit, à l’issue du Grand Prix de Calgary, Ben Maher est devenu le troisième cavalier britannique à inscrire son nom au palmarès de l’un des Grands Prix du Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles. En effet, en selle sur Enjeu de Grisien, il a succédé à son compatriote Scott Brash, brillant lauréat de cette même épreuve il y a un an avec Hello Jeffersson, mais aussi en 2015, lorsqu’il avait remporté ce circuit si difficile à compléter avec Hello Sanctos, et en 2016 avec Ursula XII. Rappelons que l’Écossais a également triomphé dans les Grands Prix de Genève et d’Aix-la-Chapelle en 2014 et 2015, tandis que Nick Skelton avait, lui, triomphé à Aix-la-Chapelle. Avec Big Star, en 2013, le champion olympique des Jeux de Rio 2016 était devenu le tout premier lauréat d’un Grand Prix du Grand Chelem.
Ce jour, force est de constater que ce mythique Grand Prix a, cette fois encore, réservé son lot de surprises. Si elle n’a pas la réputation de figurer parmi les épreuves les plus faciles du circuit, cette compétition, dont le parcours était imaginé par le Vénézuélien Leopoldo Palacios, n’a enregistré aucun double sans-faute au terme des deux premiers actes, si bien qu’un barrage a été organisé entre les paires ayant concédé quatre points sur l’ensemble des deux manches. De fait, le règlement de saut d’obstacles de la Fédération équestre internationale (FEI) prévoit la mise en place d’un barrage en cas d’égalité de points pour la victoire. Deux cavaliers ayant concédé une faute dès le tour initial ont donc tout de même pu en découdre sur le parcours réduit, après avoir réussi un sans-faute à l’occasion de la deuxième manche, à savoir Ben Maher et Steve Guerdat sur Albfuehren’s Iashin Sitte. Premier à s’élancer lors de l’ultime acte de cette compétition, le cavalier le plus titré de l’histoire du saut d’obstacles est parvenu à franchir la ligne d’arrivée en 42’’25. Bien que le Jurassien ait signé un barrage très bien dosé entre prise de risques et assurance, le triple champion olympique est parvenu à couper les cellules en 41’’40. Si le Belge Roy Van Beek a misé sur un parcours prudent aux commandes de Cavoiro-H OLD, il a arrêté la montre en 47’’88 et a finalement hérité d’une belle quatrième place. Alors qu’elle était la dernière à s’élancer, l’Étasunienne Lillie Keenan n’est pas parvenue à s’imposer. Avec Fasther, avec qui elle a participé aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, la cavalière a arrêté la montre avec quarante-cinq centièmes de retard sur la victoire et a finalement hérité de la deuxième place, devant Steve Guerdat, lui-même vainqueur en 2021 avec Venard de Cerisy. Après avoir signé le premier – et remarquable – parcours vierge de toute pénalité lors du tour initial, l’Australienne Katie Laurie a finalement hérité de la sixième place. En selle sur Django II, avec qui elle était en lice à Herning en 2022 et à Aix-la-Chapelle il y a quelques jours, elle n’a pu éviter une faute sur le deuxième vertical du barrage.
Vainqueur en 2021, Steve Guerdat a terminé deuxième avec Albfuehren’s Iashin Sitte.
© Rolex / Tom Lovelock
Enfin, notons que cette victoire n’est ni plus ni moins que le plus grand succès du couple britannique. Associés depuis 2022, le hongre Selle Français de douze ans et son cavalier s’étaient toutefois imposés dans le Grand Prix Coupe du monde de Londres en 2023, ainsi que dans une épreuve à 1,60m disputée à Valkenswaard en 2025. Aussi, rappelons, que la paire avait fait résonner le God Save The King à plusieurs reprises dans des épreuves à 1,50m et 1,55m. Cette année, les deux complices présentent des statistiques intéressantes en Grands Prix 5*. Alors qu’ils n’étaient pas passés loin de la victoire à Aix-la-Chapelle en terminant quatrièmes, Ben Maher et Enjeu de Grisien ont terminé deuxièmes de deux Grands Prix 5* disputés à Wellington, en février et en mars. Par ailleurs, sur sept apparitions dans ce type d’épreuve, ils n’ont concédé plus de quatre points qu’à une reprise, lors de l’épreuve reine du CSI 5* de Dinard, à l’issue de laquelle ils étaient sortis de piste avec douze points.
Heureux, le vainqueur à confié: “C’est incroyable de remporter l’un des Majeurs du Grand Chelem Rolex et de commencer mon parcours par une victoire dans ce que nous considérons tous comme l’un des Grands Prix les plus prestigieux au monde, si ce n’est LE plus prestigieux. Spruce Meadows est un endroit à part, avec une atmosphère comme nulle autre. Je viens ici depuis ma jeunesse et j’ai toujours pensé que gagner ici représentait un vrai jalon dans la carrière d’un cavalier.”
Nouveau prétendant au Grand Chelem, il a ajouté: “Cela faisait deux ans que je passais tout près du but, mais que les choses ne se passaient pas comme prévu au dernier moment (le Britannique avait terminé huitième en 2024, après avoir concédé quatre points en deuxième manche alors qu’il montait Dallas Vegas Batilly, ndlr). J’ai la chance d’être entouré d’une équipe formidable. Ma famille, les propriétaires de mes chevaux et tout le reste de l’équipe me soutiennent depuis le début. Ils méritent donc cette victoire autant que moi. Enjeu de Grisien est un cheval extraordinaire, qui ne connaît pas la fatigue. Je suis ravi d’avoir pu faire ce résultat aujourd’hui avec lui.”
Ça ne passe pas pour Richard Vogel
S’il ne faut surtout pas tirer de conclusion sur la faisabilité ou non d’une victoire dans le Grand Chelem Rolex de saut d’obstacles – Scott Brash l’ayant déjà complété en 2015 –, il n’en demeure pas moins que ce qu’avait réalisé l’Écossais voici onze ans fut exceptionnel. Après l’échec de Mclain Ward en 2023 à Aix-la-Chapelle, alors qu’il avait triomphé dans les Grands Prix de Genève et de Bois-le-Duc avec HH Azur, l’Allemand Richard Vogel n’est, lui non plus, pas parvenu à compléter cet objectif. Aujourd’hui, après ses victoires obtenues à Bois-le-Duc et à Aix-la-Chapelle, le numéro un mondial avait fort à faire pour compléter la série. En première manche, il a pu compter sur la dextérité de son étalon de quatorze ans dans le triple pour s’en sortir avec un score vierge. Toutefois, le champion d’Europe en titre n’a pu éviter une faute de son étalon à la sortie du troisième double de la deuxième manche. Si, à ce moment-là, la victoire semblait compromise, la paire a finalement pu en découdre au barrage. Sur ce parcours réduit, ils ont, une fois de plus, péché dans le double cette fois composé de deux oxers et ont finalement hérité de la cinquième place. Ainsi, cette semaine, la paire formée par l’Allemand et son étalon de quatorze ans n’a fauté que dans des combinaisons, comme ce fut déjà le cas lors de tous les précédents Grands Prix de Calgary auxquels ils ont pris part par le passé.
Pour la France, Nicolas Sers a concédé cinq points avec Eleven de Riverland, tandis que le Normand Kevin Staut a laissé trois barres au sol sur Exquis RB. Tous deux n’ont participé qu’au premier acte de l’épreuve.
Les résultats
Le Grand Prix du CSIO 5* de Calgary était diffusé sur GRANDPRIX.tv
Malgré quatre points en deuxième manche, Richard Vogel a salué le public canadien, qui l’a tout de même chaleureusement acclamé.
© Rolex / Ashley Neuhof

