Transport des chevaux, les marques face aux attentes des cavaliers

Barbot, Böckmann, Cavalcar, Chardron, Cheval Liberté, Fautras, Ifor Williams, Krismar, MTM, Stephex, Theault, Transbox, etc. : l’offre des véhicules de transport pour chevaux est riche et diverse. Dans le précédent numéro de GRANDPRIX, plus de six cents lecteurs avaient partagé leurs réflexions et expériences sur ce sujet à travers un sondage créé en partenariat avec Horse Development, agence marketing et stratégie. Aujourd’hui, cinq marques du secteur prennent la parole pour commenter certains points importants de cette étude.



Dans le précédent numéro de GRANDPRIX, l’étude sur le transport du cheval, menée auprès de 651 lecteurs et en collaboration avec Horse Development, agence de stratégie et de marketing spécialisée dans l’univers équestre, dévoilait budget, priorités d’achat et usages, grandes tendances et signaux plus discrets d’un secteur en pleine évolution. Cette fois, place à l’autre côté du miroir: des marques du secteur du véhicule équestre, constructeurs et/ou revendeurs, reviennent sur ces résultats, les confrontent à leur expérience du terrain et apportent, sur certains sujets, des nuances de taille.



Confort et sécurité, les priorités absolues des acheteurs

Les 651 lecteurs sondés avaient indiqué prioriser le confort des chevaux, le prix et la réputation de la marque comme leurs principaux critères d’achat. En parallèle, le confort et la sécurité des parois du van (94% des répondants les jugent prioritaires pour la sécurité du transport) sont les attentes n°1 de ceux-ci. «Nous proposons trois types de structures pour nos vans: le contreplaqué, le polyester et l’aluminium anodisé. Chacun présente des avantages spécifiques», informe Justus Böckmann, directeur général de la marque allemande de vans et remorques Böckmann. “Au-delà du choix des matériaux, nous accordons une grande importance au bien-être et à la sécurité des chevaux grâce aux différents détails techniques, tels que l’amortissement des chocs, de larges espaces intérieurs, le système de barres de sécurité, etc.” Dès leurs débuts, les vans Böckmann étaient équipés en série du système antipanique des barres de poitrail, déverrouillables de l’extérieur, puis l’entreprise a lancé un nouveau châssis surbaissé, le CFF Plus, conçu pour accroître le confort des chevaux et faciliter l’embarquement. 

“L’embarquement et le déplacement sans stress constituent l’essence même d’un bon moyen de transport. Notre système CFF surbaissé et la suspension WCF – World Class Chassis, signée par la marque allemande Westfalia, avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs indépendants qui absorbent les irrégularités de la chaussée – garantissent une hauteur de chargement particulièrement basse, ainsi qu’une excellente stabilité sous les sabots. Pour un chargement en toute sécurité, des lattes transversales antidérapantes spécifiques et des butées latérales sur le pont arrière assurent une adhérence optimale lors du chargement et déchargement du cheval”, poursuit Justus Böckmann. «De même, “Multi Safe System”(MSS) voit le jour; c’est un système de barres de sécurité rembourrées qui permet de libérer rapidement les barres depuis l’extérieur en cas d’urgence: vers le bas à l’avant, et dans les deux sens à l’arrière. De plus, la hauteur et la longueur des barres sont réglables afin de garantir un ajustement parfait pour chaque cheval. Enfin, la séparation intérieure reflète elle aussi cette volonté de privilégier le confort: elle doit être à la fois facile à installer et parfaitement sécurisée. Nous avons opté pour un tendeur excentrique, qui permet de démonter facilement la séparation centrale, ainsi que pour des blocages magnétiques, qui maintiennent la séparation contre la paroi quand cela est nécessaire.»

L’option couchette avancée par une marque en 2025 rencontre un franc succès ; les cavaliers apprécient de passer le jour ou la nuit au calme, dans une vraie bulle personnelle, au sein même de leur véhicule.

L’option couchette avancée par une marque en 2025 rencontre un franc succès ; les cavaliers apprécient de passer le jour ou la nuit au calme, dans une vraie bulle personnelle, au sein même de leur véhicule.

© Fautras



Les compétiteurs, premiers clients à satisfaire?

Majoritairement, les lecteurs précédemment sondés sont compétiteurs à 83%, ce qui implique des déplacements réguliers sur les terrains de concours et éventuels sites d’entraînement. “Être compétiteur n’est pas toujours corrélé à de forts besoins en termes de véhicules de transport. Ceux qui débutent la compétition vont commencer doucement, avec quelques concours dans l’année, probablement avec un seul cheval ou poney à transporter. Ces cavaliers disposent généralement du permis B classique et d’un budget orienté vers les véhicules d’entrée de gamme”, soumet Jean-Léonard Fautras, président de la marque française éponyme. “Pour répondre à ce besoin, nous avons fondé la marque Saint-Georges, la petite sœur de Fautras: elle table sur deux modèles de vans abordables et de fabrication française. Le premier présente une place et demie et peut être tracté sans permis BE, et le second, avec deux places, est tractable avec la formation B96. Les compétiteurs plus expérimentés et désireux de continuer dans cette voie se tournent ensuite généralement vers des vans plus grands ou présentant davantage d’options. Les vans deux places représentent une grande part de marché pour Fautras. Ils sont utilisés aussi bien par les particuliers que les professionnels.” Dernièrement, la marque a accentué son offre dédiée aux compétiteurs avec des vans plus volumineux, disposant d’espace pour de grandes malles de concours, ou encore de nouvelles aires de repos pour le cavalier. “Historiquement, notre marque est orientée vers l’univers de la compétition”, reprend Jean-Léonard Fautras. 

“Mon père, Jean-Luc, fondateur de la société avec ma mère MarieNoëlle, était lui-même compétiteur et sans arrêt sur les terrains. Chaque van est donc pensé pour répondre aux besoins de tous, tous les week-ends. Cela se concrétise par des vans optimisés et accessoirisés pour transporter tout le matériel nécessaire. Nous avons particulièrement travaillé l’espace dédié aux malles des concours – et la conception desdites malles, également –, car c’est une forte requête de la part de notre clientèle. Nous avons opté pour des malles au modèle hybride, cumulant les avantages du coffre à selle et d’une malle déplaçable. La malle devient extension du van, en quelque sorte. Auparavant, les chevaux restaient près de leurs véhicules et ne stationnaient que quelques heures sur les terrains de concours. Désormais, l’heure est davantage aux compétitions de plusieurs jours, si bien que les chevaux vivent dans des boxes démontables, loin du véhicule, et c’est bien la malle emplie de matériel qui doit venir à eux.” Parallèlement, la marque a particulièrement soigné les aires de repos pour le cheval… et le cavalier! “Notre modèle Oblic X a été un tournant pour le public compétiteur. Très récemment, nous avons opté pour la création de l’Oblic X-stalle, qui permet au cheval d’être transporté ou de stationner au repos en mode stalle, autrement dit dans un petit box. Cette liberté de mouvement est très prisée, d’autant plus quand il s’agit de faire patienter son cheval à l’ombre, sans avoir besoin de transporter des clôtures mobiles ou des lignes d’attache. Enfin, l’Oblic X peut disposer d’une à deux couchettes en option. Cela permet aux cavaliers de disposer d’un espace dédié pour dormir confortablement. Cette option a désormais plus d’un an et son succès commercial nous réjouit! Outre y passer la nuit, cet espace permet aussi aux cavaliers de s’isoler du bruit et de la lumière s’ils le souhaitent (une initiative également saluée notamment par les compétiteurs handisport, ndlr)”, rapporte Jean-Léonard Fautras.

Préférable à l’achat pour un besoin spécifique ponctuel, la location de véhicules équestres reste une bonne solution pour les professionnels et particuliers. La polyvalence des véhicules loués – pour s’adapter à tous les gabarits – est grandement appréciée !

Préférable à l’achat pour un besoin spécifique ponctuel, la location de véhicules équestres reste une bonne solution pour les professionnels et particuliers. La polyvalence des véhicules loués – pour s’adapter à tous les gabarits – est grandement appréciée !

© Aurèle Lavalle/Renteo



Une fréquence d’entretien trop modeste

Les résultats du précédent sondage révèlent un entretien annuel des moyens de transport équin très disparate: si les poids lourds sont entretenus annuellement par 80% des répondants, ce chiffre tombe à 64% pour les VL et à 45% pour les vans. “C’est encourageant, mais cet échantillonnage illustre sans doute des conducteurs consciencieux. Sur le terrain, nous notons un pourcentage nettement plus bas”, remarque Laurent Wattebled, concessionnaire des marques Ifor Williams et Krismar, respectivement britannique et belge. “Pourtant, les vans de qualité ont besoin d’un entretien routier et du changement des pièces d’usure. C’est d’ailleurs le leitmotiv de la marque Ifor Williams: concevoir des vans dépassant sans problème vingt ou trente ans, car susceptibles d’être réparés sur tous les plans (carrosserie, métallurgie, pièces automobiles, etc.). Le SAV d’Ifor Williams est réactif et sensibilise à la nécessité d’un contrôle technique annuel, que ce soit en salon, sur les concours ou via des emailings et des prises de rendezvous anticipées. La France est l’un des seuls pays où le contrôle technique des vans n’est pas obligatoire. Attention donc aux vans étrangers aux prix trop alléchants: ils peuvent, par exemple, atterrir sur le marché français en ayant été refusés dans leur pays d’origine! Sur les parkings des concours, il est aisé de constater que beaucoup de vans sont à la peine, faute d’un entretien pourtant simple (bon état des feux arrière, roues bien gonflées, graissage des pièces métalliques, etc.). Un van de deux places, bien chargé, représente pourtant facilement deux tonnes à tracter, et donc une forte distance de freinage à respecter, d’autant plus si les freins sont faibles.”

Le prix d’un van constituant quand même une somme de plusieurs milliers d’euros, peut-on s’attendre à un changement de pratiques dans les prochaines années? Ce manque d’entretien serait-il consécutif à la faible décote des vans, le marché de l’occasion étant tendu? “Un van qui plaît véritablement aura plus de chances d’être bien entretenu. Nous avons récemment proposé un grand nombre de couleurs pour notre modèle HBX, y compris personnalisables. De fait, en salon, les coloris flashy (rose, orange, etc.) sont partis les premiers! Ifor Williams a également tablé sur une qualité durable et bien connue de tous, avec des équipements de série qui sont généralement optionnables auprès d’autres marques. Je pense, notamment, à la roue de secours, à l’antivol intégré, au pont avant, etc. La solution est sans doute de rester proche des utilisateurs, pour connaître leurs besoins et désirs plus esthétiques et fonctionnels, et de continuer le travail de sensibilisation à l’entretien”, conclut le concessionnaire de la marque.



Quand la consommation d’essence impacte la structure du véhicule

Avec un prix actuel à plus de 2 euros par litre pour l’essence et le gazole, les coûts de déplacement n’ont jamais été aussi chers. Si le lectorat sondé les mois précédents n’a pas évoqué cette hausse comme frein d’utilisation des véhicules équestres, les sociétés du secteur prennent pourtant cet aspect très au sérieux! La marque française Cheval Liberté, leader européenne dans le secteur des vans, a accepté de revenir sur cette problématique. “Le poids d’un véhicule est directement corrélé à sa consommation d’essence, au même titre que son aérodynamique. Les demandes sur ces points ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt ou trente ans. Les crises économiques passées et actuelles nous ont permis d’évoluer sur ces critères; le fait que nos ventes se poursuivent en dépit des crises nous conforte sur le fait que nous avons fait de bons choix”, analyse Grégory Rulquin, dirigeant de Cheval Liberté. “Nous avons toujours cherché à améliorer l’aérodynamique, le poids et la suspension des vans. Cela fait presque trente ans que nous avons développé cette dernière, avec l’innovation majeure de la suspension Pullman 2, en 2008, qui permet de baisser la caisse de 10 cm. Outre une diminution des phénomènes de tangage et de roulis, cet abaissement offre également moins de prise au vent, et donc une baisse de la consommation d’essence. Elle autorise également une diminution de la puissance du véhicule tracteur, un avantage très recherché aujourd’hui, à l’heure où les moteurs hybrides sont plus courants et moins performants pour la traction pure. La taxe CO2 au kg pouvant monter jusqu’à 60000 euros, ces paramètres deviennent aujourd’hui déterminants dans le choix d’une remorque.”

les couleurs flashy semblent faire leur grand retour ! La durabilité des vans incite quelques particuliers à se faire plaisir avec des personnalisations de vans et VL. L’utilitaire, oui, mais avec le confort de la conduite et un esthétisme apprécié.

les couleurs flashy semblent faire leur grand retour ! La durabilité des vans incite quelques particuliers à se faire plaisir avec des personnalisations de vans et VL. L’utilitaire, oui, mais avec le confort de la conduite et un esthétisme apprécié.

© IFOR Williams



Utiliser son van ou vl comme utilitaire

Dans la précédente étude, un sondé sur deux utilisait son véhicule équestre pour d’autres usages, comme le transport de fourrage. “Ils ont bien raison! Un van reste une remorque et un véhicule utilitaire. Un modèle proposant à la fois un pont et une porte, comme nous le proposons depuis presque trente ans, sera l’allié parfait pour charger des chariots, des diables de transport ou d’autres équipements”, remarque Grégory Rulquin, de Cheval Liberté. “L’un de nos vans deux places peut, par exemple, accepter jusqu’à 1300 kg de charge utile, selon son PTAC. Cette possibilité de charge importante permet de rappeler un point essentiel: celui de la répartition des masses.” Le poids sur flèche, également appelé «valeur S», correspond à la charge verticale exercée par la remorque sur la boule d’attelage. “Chez Cheval Liberté, ce travail repose notamment sur la suspension Pullman 2, conçue sur un principe de suspension de type automobile. Le poids exercé sur la tête d’attelage n’est pas une donnée isolée: il résulte directement de la manière dont le châssis et le système de suspension ont été conçus et positionnés”, précise Grégory Rulquin. Il est difficile, pour un particulier, de mesurer le poids réellement appliqué à la boule d’attelage. 

Toutefois, sur sol plat, on peut facilement observer un déséquilibre important. Si l’arrière de la voiture descend fortement au moment de l’attelage ou lorsque la remorque est chargée, cela indique qu’une charge verticale trop importante y est appliquée. La suspension arrière du véhicule tracteur est alors excessivement comprimée, ce qui peut provoquer des phénomènes de pompage ou de rebond, donner l’impression que la voiture saute sur sa suspension, et transmettre des secousses à l’ensemble. Le train avant peut également se trouver délesté, au détriment de la précision de conduite. À l’inverse, s’il faut appuyer fortement sur la flèche pour placer la tête d’attelage sur la boule et que, une fois l’ensemble accouplé, l’arrière de la voiture tend à se relever, la remorque présente un appui trop faible, voire une tendance à exercer un effort vers le haut. Ce déséquilibre peut rendre la remorque instable et favoriser les mouvements de balancement, en particulier lorsque la vitesse augmente. “L’équilibre d’un attelage est un véritable savoir-faire. Une remorque correctement conçue doit conserver un appui cohérent sur le véhicule tracteur, aussi bien à vide qu’une fois chargée. Lorsque cet équilibre est bon, cela se ressent immédiatement dans la conduite: l’ensemble reste stable, les mouvements parasites sont limités et tout paraît beaucoup plus fluide. Cette maîtrise du comportement routier est depuis toujours l’un de nos chevaux de bataille”, conclut le directeur de Cheval Liberté.

La location de véhicules équestres saluée par le lectorat 

Dans le sondage précédent, la moitié des lecteurs sondés déclarent ne pas vouloir ou pouvoir acheter de moyens de transport. De fait, l’offre locative actuellement proposée obtient 90% de satisfaction auprès de ces lecteurs, même si certains relèvent une inégalité territoriale. “Si la propriété reste la solution privilégiée des utilisateurs les plus réguliers, les coûts d’acquisition et d’entretien d’un véhicule de transport poussent de nombreux cavaliers à envisager d’autres solutions. Pour un concours ponctuel, un déplacement vers une clinique vétérinaire, un élevage ou encore en cas d’immobilisation de véhicule, la location répond à un besoin de flexibilité de plus en plus marqué”, souligne Justine Macq, chargée de communication de la plateforme de location Renteo, leader du marché. “Pour accompagner cette évolution, la société française Theault a créé la plateforme Renteo en 2014. D’abord spécialisée dans la location de véhicules légers, elle s’est progressivement imposée comme une référence du secteur avant d’élargir récemment son offre aux vans tractés et aux poids lourds afin de répondre à une demande croissante. Aujourd’hui, le réseau permet donc de louer facilement un camion VL ou PL Theault (ou Chardron), ou un van.” La robustesse et la polyvalence des véhicules sont alors particulièrement de mise! 

“Les VL en location sont souvent équipés de notre système Switch, qui s’adapte aux morphologies et préférences de transport; un atout important en location, où la polyvalence est recherchée.” Les VL disposant de cinq places assises sont également très recherchés, notamment pour le covoiturage et parce qu’ils peuvent servir de lit d’appoint. “Certains VL Theault disposent d’options de confort – haut-parleur intérieur, capteur de température –, mais tous possèdent une caméra de recul et une caméra de surveillance des chevaux ainsi qu’une lumière bleue apaisante. Chaque véhicule disponible à la location a moins de huit ans et moins de 200 000 kilomètres au compteur – ces critères valent aussi pour les particuliers qui souhaitent proposer leur véhicule à la location. Cela permet de se faire une idée sur un modèle, à moindre frais”, poursuit Ludivine Guillory, chargée de communication de Theault. Quid des lecteurs ayant pointé un manque d’offres dans certaines régions? “Nous cherchons à développer les points de location, mais il est vrai que l’offre est régie par le nombre de cavaliers actifs en déplacement. Ceci dit, nous avons noté que pour l’année 2025, plus de 90 000 utilisateurs avaient réservé près de 15 000 journées de location, témoignant de l’essor d’un mode de consommation désormais pleinement intégré aux habitudes des cavaliers français, car pratique et bien sécurisé. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux agents en France, en Belgique, en Suisse et en Europe”, achève Justine Macq.

confort des chevaux, prix, réputation, sécurité des parois, tractabilité : les acheteurs et les marques voguent de concert quand il s’agit de comparer les critères de qualité d’un véhicule équestre.

confort des chevaux, prix, réputation, sécurité des parois, tractabilité : les acheteurs et les marques voguent de concert quand il s’agit de comparer les critères de qualité d’un véhicule équestre.

© Böckmann