L’Allemagne reste sur le toit du monde à Barcelone
Un peu plus d’un mois après son triomphe par équipes aux championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, l’Allemagne vient de soulever le trophée de la finale de la Ligue des nations Longines, dont elle avait remporté la première édition il y a deux ans. Les cavaliers d’Otto Becker étaient titulaires d’un score vierge jusqu’au second passage de Richard Vogel et Cloudio, mais après avoir concédé une faute, le numéro un mondial a dû en passer par un barrage face à Rodrigo Pessoa pour délivrer son équipe. La Belgique a complété le podium.
Le 21 août dernier, sous les hourras de quelque 40.000 spectateurs réunis au sein du mythique stade aixois de la Soers pour la finale par équipes des championnats du monde, l’Allemagne avait décroché son premier titre collectif en grand championnat depuis quinze ans en rendant une copie parfaite, ayant pu compter sur au moins trois sans-faute dans chacune des manches de la compétition. Aujourd’hui, elle semblait bien partie pour en faire de même à Barcelone, en finale de la Ligue des nations Longines. En tête à l’issue de la première manche grâce aux sans-faute de Marcus Ehning, Jörne Sprehe et Richard Vogel avec Coolio, Toys, Cloudio, le collectif germanique a vu les deux premiers réussir un double zéro confortant leur domination sur cette finale…jusqu’au second passage du numéro un mondial. Là, son gris a commis une faute sur le second plan de l’oxer numéro neuf, dont le cavalier de vingt-neuf ans se considère comme le seul responsable, ce qui a provoqué un barrage entre l’Allemagne et le Brésil.
Pour cet ultime acte, déjà nécessaire l’an passé pour départager la Grande-Bretagne et l’Irlande dans la deuxième édition de cette finale, Otto Becker a justement choisi d’envoyer de nouveau en piste Richard Vogel. Pour l’affronter, Pedro Paulo Lacerda a misé sur le cavalier le plus capé de sa sélection, Rodrigo Pessoa, auteur d’un sans-faute en seconde manche avec un Major Tom (ex- Nielsdaka van de Rhamdia Hoeve) en excellente forme et seulement piégé par le tout premier obstacle au premier tour. Avant d’être appelé en piste une dernière fois, les deux hommes ont pu profiter des conseils du double champion olympique McLain Ward, lui-même auteur d’un double zéro avec Jordan Molga M dans cette finale. Fort de toute son expérience, le champion olympique de 2004 a ouvert le barrage tambour battant….et vu son fils de Vagabond de la Pomme concéder de nouveau une faute sur la première difficulté. Loin de se décourager, l’Auriverde a poursuivi à un rythme soutenu pour arrêter la montre en 39’’48. On aurait donc pu s’attendre à ce que Richard Vogel joue la sécurité, mais le cavalier de United Touch S a lui aussi imposé un tempo soutenu à son gris en début d’exercice. Toutefois, il a pris le temps de remettre de l’ordre avant d’aborder le double. Après avoir frôlé de très près le dernier oxer, il a conclu son parcours en 40’´85 et sans pénalité pour offrir la victoire à l’Allemagne. Le natif du Bade-Württemberg avait déjà contribué au triomphe de son pays dans la première finale de la Ligue des nations, en 2024, mais aussi dans la toute dernière finale des Coupes des nations, l’année précédente, mais n’avait jamais dû en passer par un barrage.
Côté brésilien, on a également pu compter sur deux doubles sans-faute, signés par les champions panaméricains en titre, Stephan de Freitas Barcha et Chevaux Primavera Imperio Egipcio, ainsi que par João Victor Castro Aguiar Gomes de Lima et un Cashpaid J&F en pleine forme. Comme Sophie Hinners et Iron Dames My Prins van Dorperheide dans l’équipe d’Allemagne, Pedro Junqueira Muylaert et Gemme Villers ont écopé d’une faute au premier acte et n’ont pas été rappelés pour le second. C’est aussi le cas du jeune Belge Roy van Beek et de son bon Cavoiro-H. À mi-épreuve, son équipe se trouvait au coude-à-coude avec l’Allemagne, n’ayant alors qu’un point au compteur. Dans cette compétition très serrée, où la moindre faute coûtait cher, il a suffi d’une barre mise à terre par Emilie Conter et Portobella van de Fruitkorf en milieu de triple au second tour pour faire sortir la Belgique de la bataille pour la victoire. Pieter Devos ayant réussi un double zéro avec son produit maison, Primo DV, par ailleurs vainqueur du Grand Prix Rolex du CSI 5* de Dinard cette saison, et Abdel Saïd n’ayant écopé que d’un point au total des deux manches sur Wathnan Bonne Amie, les Diables rouges ont conclu cette finale avec un score de cinq points, et une avance de sept unités sur les États-Unis, quatrièmes. Le Stars and Stripes a notamment pu compter sur les doubles sans-faute de ses tauliers, Laura Kraut - associée à Très Bien - et McLain Ward, tandis que McKayla Langmeier et Riesling van de Gaathoeve ont montré de très bonnes choses, même s’ils ont concédé quatre puis huit points. Les deux derniers doubles zéro de la journée ont été les oeuvres de l’Irlandais Cian O’Connor et de l’Espagnol Julio Arias Cueva, associés à Chatolinue et Filou du Manoir.
João Victor Castro Aguiar Gomes de Lima et Cashpaid J&F ont signé un très beau double sans-faute
© Sportfot
La France, elle, a terminé au huitième et avant-dernier rang avec vingt et un points. Les médaillés de bronze des Jeux olympiques de Paris 2024 que sont Julien Épaillard et Olivier Perreau ont chacun signé un sans-faute et un parcours à quatre points. Pour le Normand, qui disputait sa première épreuve par équipes avec Le Coultre de Muze, c’est la palanque du vertical numéro 6, qui a rejoint le sable barcelonais au premier acte. Quant à son coéquipier rhônalpin, il a vu GL Events*Dorai d’Aiguilly, apparue très sereine, céder sur le haut vertical directionnel numéro 9 lors de son second passage. Associé à Exquis RB, Kevin Staut a péché sur les deux mêmes obstacles que ses compatriotes, mais aussi sur les barres de spa constituant la quatrième difficulté, si bien qu’il a conclu la première manche de l’épreuve avec un total de douze points. Édouard Coupérie ne l’a pas rappelé dans la seconde, ayant préféré offrir l’opportunité à Antoine Ermann et Floyd des Prés de corriger un incident survenu lors de leur passage initial. Comme dans la Chasse des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, après un effort important sur un obstacle large (ici, les barres de Spa) et une reprise de la part de son cavalier pour aborder un double, l’alezan a refusé de sauter cette combinaison, avant de conclure son parcours sans le moindre autre souci. Le jeune représentant des écuries Chev’El a su saisir la chance qui lui était donnée au second tour, puisqu’il n’y a concédé qu’un petit point de temps dépassé, contre dix-huit au premier tour (sa réaction est disponible ici).
Les résultats
Le parcours
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