Dans le championnat du monde des sept ans, Lara de Liedekerke-Meier désormais seule en tête

Chez les sept ans, comme on pouvait s’y attendre au vu des scores resserrés attribués en dressage, le temps a joué son rôle de juge de paix, chaque seconde de temps dépassé participant à modifier le classement provisoire. Au soir de l’épreuve, le podium est dominé par la Belge Lara de Liedekerke-Meier, devant le Britannique Hector Payne. Deux secondes de temps dépassé ont relégué le Tricolore Alexis Goury en troisième position.



Plus de trente mille personnes étaient présentes dans le parc de L’Isle-Briand cet après-midi pour assister au cross du championnat du monde des chevaux de sept ans. Près de cinq kilomètres attendaient les cinquante-deux partants, à parcourir en 9’05. Notablement plus paisible que l’an dernier, en ce sens que les incidents y ont été (heureusement) plus rares, l’épreuve a tenu en haleine l’ensemble des spectateurs du début à la fin. Car l’enjeu sportif était de taille, la Belge Lara de Liedekerke-Meier et le Français Alexis Goury se partageant la première place à l’issue du dressage. Et les dix premiers se tenant en moins de quatre points, l’équivalent d’une barre à l'hippique.



Lara de Liedekerke-Meier prend les commandes

Cinquième concurrente à prendre le départ, Lara de Liedekerke-Meier a posé le décor dès le début d’épreuve en signant un sans-faute en 9’04. De quoi mettre la pression à Alexis Goury! Le règlement stipule en effet qu’en cas d’égalité au soir de l'hippique, la victoire est attribuée au cavalier dont le temps sur le cross est le plus proche du temps idéal. Difficile de faire mieux, donc... “Viens me chercher, Alexis, maintenant!”, lançait la cavalière en plaisantant à sa descente de selle. Avant d’ajouter au sujet d’une Tara van het Leliehof (BWP, Pegase van’t Ruytershop x Major de la Cour) avec qui elle a remporté le championnat des six ans l’an passé et dont elle chantait déjà les louanges: “Elle a été incroyable. Nous ne faisons vraiment qu’un sur le cross. Elle pense comme moi, et c’est comme si elle avait fait la reconnaissance à mes côtés ces derniers jours. J’ai pris énormément de plaisir, tout en travaillant un peu sur le parcours. Au paddock, je n’étais pas à l’aise car mon œil était encore câblé pour Herakles, que j’avais monté dans les six ans, et qui a un physique et un fonctionnement tout à fait opposés au sien. Je ne l’ai pas mise à son avantage. Mon mari (Kai-Steffen Meier, ndlr) m’a suggéré de me poser pour laisser le stress redescendre, ce qui m’a bien aidée. J’ai ralenti à la fin pour ne pas faire à Alexis le cadeau d’arriver trop en avance par rapport au temps imparti. Et, en franchissant la ligne d’arrivée, ma jument était encore assez fraîche pour me mettre en confiance pour demain. C’est une très bonne sauteuse, comme on l’a vu l’année dernière. J’ai plusieurs fois fait quatre points cette année, mais si je monte bien l’hippique et que je ne fais pas d’erreur, je suis persuadée qu’elle sera sans faute. Ceci dit, si elle faisait une barre, je serais bien sûr déçue, mais ça ne changerait rien à ce que je pense d’elle.” 

Au moment de la sortie de la boîte de départ d’Alexis Goury et Jeroboam Wal (SF, Vleut*GFE x Flyer), la tension était palpable. Le couple a déroulé un fort joli parcours, malheureusement entaché de deux secondes de temps dépassé. De quoi le faire passer derrière Lara, mais aussi derrière le Britannique Hector Payne et Bueno (AES, Dante’s Junior x Alicante), auteurs d’un magnifique maxi. “Dès le début du parcours, le cheval se défendait dès que je tentais de le reprendre. Peut-être était-ce l’environnement, ou une préparation qui l’a rendu particulièrement gaillard”, explique Alexis. “Cela m’a conduit à être prudent et ne pas prendre tous les risques puisque j’étais sur le fil tout le long. J’étais dans mes minutes mais il m’a manqué un petit rien à la fin. Peut-être aurais-je pu sécuriser un peu moins la dernière combinaison. Mais mon cheval a beaucoup d’envie et d’abattage, et je n’ai pas voulu prendre de risques inutiles. Il reste un test demain et je ne suis pas déçu en soi: il a fait un super parcours. Lara ayant fait 9’04, il était compliqué d’aller la chercher. Il fallait essayer. Ce qui va compter est ce qui va se passer demain et encore, quoi qu’il arrive, ça n’empêchera pas mon cheval d’envisager une grande carrière par la suite.” 

En argent très provisoire Hector Payne a déclaré en conférence de presse: “L’attente a été longue, d’autant que mes concurrents faisaient du bon travail. La pression montait au fil des heures. Bueno, qui peut être regardant, a finalement bien géré l’atmosphère si particulière du Lion. J’ai dû le monter activement sur les six ou sept premiers obstacles. Puis, il a enclenché, et le public l’a plutôt aidé.” Ceci, avant d’ajouter avec un flegme tout anglais: “Pour l'hippique, j’espère n’avoir pas dépensé tout mon capital chance à Lignières, où j’en ai eu bien besoin il y a quinze jours. Pour le reste, j’ai décidé de devenir français! J’étais au paddock lorsqu’Alexis a franchi la ligne d’arrivée et le public était déchaîné. Je me serais cru dans un stade de foot! C’est formidable d’avoir un tel soutien.”



La belle opération de Thomas Carlile

Le temps aura également posé problème à la Britannique Yasmin Ingham et Club Class (SHBGB, Diarado x Kiltealy Springs), ainsi qu’à l’Allemande Caro Hoffrichter et Archie CC (Hann, Alaba 2 x Lancer II) et son compatriote Ben Leuwer et Alf PH (Hann, Alaba 2 x Louis le Bon). Respectivement quatrième, cinquième et sixième hier, ils sont ce soir vingt-deux, onze et sixièmes. Et c’est le Tricolore Thomas Carlile qui en profite pour remonter à la quatrième place du classement provisoire après un très beau parcours, et malgré un gros sursis sur la sortie du deuxième gué. “Ma jument a été très rapide. Elle a un sacré moteur! Elle a pu vraiment s’exprimer sur ce parcours. Elle a une très grande action, ce qui m’oblige à me méfier dans les combinaisons pour garder une distance suffisante avec les obstacles. Je m’attendais à devoir faire attention aujourd'hui, mais peut-être pas autant; elle prend de plus en plus de dimension. Pour ce qui est du second gué, elle s’est trouvée trop près du deuxième élément. Mais elle a eu quelques expériences désagréables dans des gués par le passé et elle a tendance à flotter un peu dans l’eau. Et je n’ai peut-être pas adopté la meilleure stratégie en termes de nombre de foulées. Plus largement, il me semble que le parcours a été un peu rabaissé dans les cotes par rapport à l’an dernier, ce qui oblige à tenir un peu plus les grands chevaux avec beaucoup d’allant comme ma jument. Mais je chipote! Maintenant, l’objectif va être de l’amener dans les meilleures conditions pour demain et donner notre meilleur. Nous allons nous concentrer sur nous avant de voir ce que feront les autres. Vu comme les scores sont serrés, il y aura du suspense jusqu’au bout.” 

Troisième Française du Top 10, Héloïse Le Guern a elle aussi opéré une belle remontée de la quinzième à la dixième place avec Joystick de Syac (SF, Cicave du Talus*GFE x Balleroy), pour son deuxième cross de la journée. “Je savais que ce cheval avait le galop pour courir de grosses épreuves comme celle-ci. Encore fallait-il réussir à faire le maxi. Mais il a été formidable. J’ai perdu un peu de temps avec Cambel (Westph, Caroly x Canturano, redescendu de la neuvième à la trentième place provisoire pour 6 points de temps dépassé, ndlr) en début d’après-midi. Mais ce n’est pas grave vu le tour qu’il a fait. Et la remontée de Joystick me réjouit.”



Plusieurs Français aux portes du top 10

Un peu plus loin au classement, Amaury Choplain et son étalon J’Heraldik d’Aury (SF, Herald 3 x Diamant de Semilly) ont signé un maxi tout en contrôle qui leur a offert la treizième place. “Comme nous étions trois ex-aequo à la dix-septième place, j’ai essayé de jouer le chronomètre et d’être le plus proche possible du temps de référence. Mon cheval confirme tout le bien que je pensais de lui et en avait encore sous la pédale à l’arrivée. C’est une fierté de l’avoir fait naître et d’avoir mené toute sa formation. On connaît bien sa famille, qui est un peu tardive, mais tous sont de très bons chevaux, que ce soit pour le complet ou pour le jumping. Et lui n’échappe pas à la règle.” Véronique Real et Jetset de la Lagune (SF, Ogrion des Champs*HN x Chronos de Nabout) ont eux aussi signé un maxi, qui leur a permis de remonter de la vingt-troisième à la quinzième place. Les autres Français se trouvent ce soir au-delà de la vingtième position. 

Demain, comme dans les six ans, toute faute ou seconde de temps dépassé à l’hippique coûtera cher. Les huit premiers concurrents se tiennent en effet en moins d’une barre, et les trois premiers en moins d’un point soit une seconde de dépassement de temps. Le classement pourrait donc encore évoluer, qui plus est avec de jeunes chevaux dont il sera intéressant de mesurer le degré de récupération sur leur premier CCI 3* de format long. 

Avant cela, les concurrents devront passer la seconde visite vétérinaire, qui réserve des surprises chaque année. La visite se tiendra demain matin à la suite de celle des six ans, prévue à 9h. L’hippique commencera quant à lui à 15h. 

Les résultats des sept ans

L’ensemble du Mondial du Lion est diffusé en direct sur GRANDPRIX.tv



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