La FFE annonce des podcasts sur les grands maîtres de l’équitation française
Lancée cet été par la Fédération française d’équitation (FFE), la chaîne de podcasts Génération Cheval a été pensée comme un espace de découverte, de transmission et de partage. Sa première série, À cheval sur les mots, initiée par la commission culture et patrimoine de la FFE, revisite en dix épisodes les grandes maximes qui ont jalonné l’histoire de l’équitation. La fédération réaffirme ainsi sa vocation de passeuse de culture, en faisant du patrimoine équestre un outil pédagogique vivant et accessible à tous.
À chaque rendez-vous, Guillaume Henry, écuyer, instructeur, historien et auteur, revient sur l’homme, l’époque et la pensée dont est issue une maxime, avant de confronter cet héritage au regard et à l’expérience d’un professionnel d’aujourd’hui.
Le 11 octobre, un épisode consacré à Xénophon, et plus précisément à sa maxime “Ne jamais user de colère avec les chevaux”, paraîtra sur Génération Cheval. Près de 2.400 ans nous séparent de ce philosophe, historien et homme de guerre grec, mais les principes développés dans son traité De l’équitation résonnent encore avec les préoccupations actuelles. Il s’agit d’observer, comprendre, éduquer progressivement, et ne pas laisser la colère guider l’action du cavalier. Pour Xénophon, ce que le cheval accomplit par la contrainte ne peut être ni véritablement appris, ni beau. Il recommande au contraire mesure, maîtrise de soi et douceur dans la relation avec l’animal. Dans ce podcast, Raphaël Saleh, président du jury des épreuves olympiques de dressage à Paris 2024, confrontera cette pensée à son expérience de juge. Comment reconnaître la colère ou la tension chez le cavalier? Quelles conséquences ont-elles sur le cheval? Où se situe la frontière entre fermeté et colère? Comment faire face à la peur ou à l’incompréhension sans entrer dans la contrainte ? Et quelle place le sport moderne accorde-t-il aujourd’hui à la décontraction, à l’harmonie et à la coopération avec le cheval? Voilà les questions auxquelles il tentera de répondre.
Le 11 novembre, À cheval sur les mots remontera au début du dix-septième siècle pour s’intéresser à Antoine de Pluvinel, l’une des grandes figures de l’équitation française. Son principe: avant de chercher à obtenir un geste ou un mouvement, il faut s’intéresser à ce que le cheval comprend. “Il faut lui travailler la cervelle plus que les reins et les jambes”, résume-t-il. Pour prolonger cette réflexion fondée sur l’attention, la compréhension et l’adhésion du cheval, Bertrand Poisson, instructeur, cavalier international de concours complet et de saut d’obstacles, éleveur et formateur, partagera son expérience de la formation des chevaux et des cavaliers. Comment savoir si un cheval a réellement compris ce qu’on lui demande? Comment distinguer incompréhension, difficulté physique et absence de réponse? Comment préserver la disponibilité et la générosité du cheval au fil de son apprentissage? Et quelle autonomie lui laisser une fois les bases acquises?
Le 11 décembre, la série poursuivra son voyage à travers l’Histoire avec Nuno Oliveira, l’une des grandes figures de l’art équestre du vingtième siècle. Pour le maître portugais, l’excellence ne commence pas avec les mouvements les plus spectaculaires, mais avec la maîtrise des fondamentaux: avancer calmement, conserver la rectitude, la cadence, l’équilibre, la décontraction et l’impulsion, obtenir des transitions nettes et une réponse légère aux aides. Les mouvements les plus complexes deviennent alors la conséquence de bases simples, patientes et continuellement affinées. En somme, “l’art équestre commence par la perfection des choses simples”. Odile van Doorn, cavalière internationale de dressage, enseignante et coach, plusieurs fois championne de France et ancienne vice-présidente de la FFE en charge du dressage, apportera son regard sur cet héritage. Comment définir la “perfection” lorsqu’on travaille avec un cheval? Comment savoir quand se satisfaire de ce qu’il vient de donner? Comment concilier recherche de simplicité et exigences de la compétition? Et comment les fondamentaux permettent-ils de construire progressivement les mouvements les plus complexes sans brûler les étapes?

